Cela fait des milliers d'années que les hommes s'amusent à s'échanger un objet piqué de plumes à l'aide de deux raquettes. On trouve trace de cela en Chine Impériale (le Dschiandsi), au Japon (le
Cibane) ou encore chez les Incas (l'indiaca).
Chez nous, le jeu du volant fait son apparition à la cour de François Ier. Il fut bientôt adopté par toutes les têtes couronnées d'Europe. On sait ainsi que la jeune reine Christine de Suède
provoquait des petits scandales en défiant quelques personnages de la Cour, comme le savant Bochart, qui devaient alors ôter manteaux et perruques pour pousser le volant.
Des tensions naissaient parfois autour de ces jeux auxquels prenaient part des personnages illustres. Les chroniqueurs de l'époque racontent ainsi une dispute qui faillit très mal tourner entre
Frédéric II Le Grand (roi de Prusse 1740-1786) et son
neveu Frédéric Guillaume II (roi de Prusse 1786-1797).
En France, au XVIIIe siècle, le « volant » se pratique souvent dans les jeux de paumes couverts et est très prisé des jeunes demoiselles chaperonnées dont on disait qu'elles « pelotaient » ou
encore qu'elles « ballaient », et qui profitaient parfois de ces libertés pour se livrer à d'autres « pelotages » grammaticalement moins innocentsPuis au siècle passé, le volant se
démocratise.
On le retrouve sous différents noms : « Grièche » en Anjou car il était garni de plumes de la pie-grièche ; « Picandeau » dans le Lyonnais pour l'alternance des rémiges noires et blanches ; «
Plivotiau » ou « Coquantin » en Champagne où l'on plumait plutôt les coqs.
Et le badminton ?
Ses origines exactes sont controversées.
Selon certaines sources, il naît en 1860 en Angleterre ou plus exactement dans la résidence du Duc de Beaufort dans le Gloucestershire :
la
Badminton House. On sait que le Duc collectionnait les volants anciens et les battoirs tendus de parchemin et qu'il organisait des parties endiablées d'un jeu intitulé « battledore and
shuttlecok » (battoir et volant). Sur l'un des parchemins, on trouve l'inscription suivante : « Henrietta Somerset en février 1845 a fait sans discontinuer 2018 (échanges) avec Beth Mitchell. ». On
pense que ce sont ces défis qui donnèrent progressivement lieu au sport.
Une autre source plus romancée date la naissance du badminton
un jour très précis de 1873, toujours dans cette même maison de Gloucester, à l'occasion d'une réunion entre officiers
anglais revenant des Indes. L'après-midi est pluvieuse, le repas bien arrosé de champagne et
les convives du Duc en viennent à parler d'un jeu indien, le « poona », pratiqué à l'aide d'une
raquette et d'une sorte de balle légère faite de duvet aggloméré. Dépourvus de balle, ils prennent alors un bouchon de champagne sur lequel ils fixent quelques plumes d'oies arrachées au chapeau de
leur hôte ! Ensuite, ils se seraient fait des passes avec des raquettes de tennis.
Quelle qu'en soit l'origine exacte, les premières règles de badminton sont publiées en 1876 par un journaliste, Henry Jones, dans l'ouvrage suivant : Les Jeux de lawn-tennis et de badminton. On y
trouve un plan précis du terrain ainsi que des indications sur le matériel. Le poids et la taille du volant varient encore selon les conditions de jeu, en plein air ou en intérieur. Quant aux
battoirs, leur forme est proche de celle utilisé dans un autre jeu, très répandu dans la bonne société anglaise des années 1850 : le « racket ». Les débuts sont timides. La pratique en plein air
exige des conditions idéales et les limites du terrain varient encore selon le nombre de joueurs (jusqu'à 8).
L'essor du badminton ne se situe vraiment qu'à partir du moment où il s'installe
dans les halls couverts, c'est à dire aux alentours des années 1890. En 1893, un système unique de règles est édifié à Southsea (Hampshire). C'est la naissance de la fédération anglaise qui
régentera la première compétition britannique, la « All England Championship », créée en 1899.